Louise MICHEL
Vroncourt-La-Côte, 1830 ou 1833 ? - Marseille, 1905

Photographie non datée de Louise Michel, cliché Appert. Association pour l’Histoire Vivante (Montreuil)
Photographie non datée de Louise Michel, cliché Appert. Association pour l’Histoire Vivante (Montreuil)

 
Photographie de Louise Michel, portant mention manuscrite à l’encre " Chef d’insurrection, a fait le coup du fusil en voulant tuer M. Thiers ", cliché Appert. Association pour l’Histoire Vivante (Montreuil)


  Clémence Louise Michel, dite Louise Michel, est la fille d’un châtelain et de sa servante et passe son enfance au château de ses grands-parents dans la Haute-Marne. Elle reçoit une très bonne instruction et une éducation libérale dans une ambiance voltairienne. Elle passe son Brevet de capacité et devient institutrice. Refusant de prêter serment à l’Empereur, elle ouvre en 1853 une école privée.
Jeune, elle écrit des poèmes, comme celui adressé à Victor Hugo :
" Ainsi, poète, je te vois / Au-dessus de nous tous, notre maître suprême ; / Ainsi je crois en toi, comme au destin lui-même… "

Ou même en 1860, le poème qui se termine comme suit : " Le noir chevet des morts, le gibet de l’esclave, / Ô mon livre ! ont sur toi leur ombre triste et grave : / Je te donne au banni. / Va-t-en, livre fidèle, et parle-lui de la France , / Et remplis en passant de rayons d’espérance / Le profond infini… ".
Photographie de Louise Michel, portant mention manuscrite à l’encre " Chef d’insurrection, a fait le coup du fusil en voulant tuer M. Thiers ", cliché Appert. Association pour l’Histoire Vivante (Montreuil)Très engagée, elle collabore à des journaux d’opposition, fréquente des réunions politiques. Pendant la Commune, elle s’engage comme ambulancière, anime le Club de la révolution, mais reste très préoccupée des questions d’éducation et de pédagogie. Dans les notes de Hugo, elle apparaît cette année 1870 sous son pseudonyme de Enjolras, un des personnages principaux des Misérables. Louise Michel a toujours beaucoup d’admiration pour l’écrivain qui intervient lors de son arrestation le 1er décembre 1870, et qui obtient sa libération : " Mlle Louise Michel est en liberté. Elle est venue me remercier " (2 décembre 1870).
Un an plus tard, Hugo note le 27 septembre 1871 : " Ce matin, je sors et je vois chez un papetier une photo de Louis Michel avec ces mots : condamnée à mort. Serait-ce possible ? En ce moment on est capable de tout. J’ai acheté ce portrait qui est terrible ". Il combat depuis trop de temps en faveur des droits de la femme pour ne pas être interpellé par ce destin. Il note le 7 décembre 1871 : " Louise Michel a comparu devant un conseil de guerre présidé par un colonel Delaporte. Elle a été condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée. Elle a été intrépide. C’est bien elle qui signait Enjolras ". Le même mois il écrit le poème Viro major (Plus grande qu’un héros), en souvenir, qui paraît dans Toute la lyre.
Le Trombinoscope par Touchatout : Louise Michel, caricature par Moloch, artiste favorable à la Commune en 1871. - Paris, Éditions du Trombinoscope, septembre 1881. © Archives départementales de la Nouvelle-CalédonieDe Nouvelle-Calédonie où elle s’emploie à l’instruction des Canaques, elle fait passer par Mme Paul Verlaine de la poésie à Hugo. Il note le 8 avril 1877 :
" Reçu des vers que m’adresse Louise Michel "
.
Après avoir refusé une première amnistie pour se ranger du côté des Canaques au moment de leur insurrection, elle revient triomphale à Paris le 9 novembre 1880. Elle est une figure légendaire du mouvement ouvrier, porte-drapeau de l’anarchisme et finit sa vie en donnant des conférences en France et à l’étranger.

Les archives de la Nouvelle-Calédonie ont reçu en garde, en 1989, la collection Scheler acquise en 1976 par l'association " Souvenir de la déportation à la Nouvelle-Calédonie ". L'achat de cette collection privée rassemblant des documents uniques sur la vie de Paris pendant le siège de 1870, sur la Commune et la déportation des communards en Nouvelle-Calédonie a été rendu possible par l'organisation d'une souscription. Déposé en 1989 aux archives territoriales, le fonds est complètement inventorié. Il est d'une grande richesse.
 




Le Trombinoscope par Touchatout : Louise Michel, caricature par Moloch, artiste favorable à la Commune en 1871. ­ Paris, Éditions du Trombinoscope, septembre 1881. © Archives départementales de la Nouvelle-Calédonie


 
Récit de la journée du 26 mai 1871
Poème autographe
Lettre autographe