Sophie TREBUCHET
Mme Léopold Hugo,
1772 - Paris, 1821

Sophie Trébuchet, la mère de Victor Hugo, portrait. © Photo AKG Paris.
Sophie Trébuchet, la mère de Victor Hugo, portrait. © Photo AKG Paris.

      Née le 19 juin 1772, la mère de Victor Hugo, après une enfance à Nantes, rencontre en 1796 à Châteaubriant son futur mari, Léopold Hugo. Elle vient à Paris pour l’épouser le 15 novembre 1797. Trois enfants naissent de cette union : en 1798 Abel, en 1800 Eugène et Victor en 1802. La mésentente entre les époux s’installe très vite. Sophie, qui a jusque-là suivi les mutations militaires de son mari, s’installe à Paris. Elle prend comme amant un officier français, le général Lahorie (1766-1812), ami de Léopold et parrain de Victor à qui il fera découvrir la littérature latine. Elle apprend peu après la liaison de son mari avec Catherine Thomas.
En 1811 et 1814, son mari lui enlève ses fils. De 1815 à 1818, les disputes, attisées par le caractère violent du père et celui volontaire et impérieux de la mère, amènent les époux au procès et à la séparation judiciaire. La mère a la garde de leurs fils.
Entre temps, elle aura participé à la conspiration royaliste du général Malet contre l’Empereur des 22 et 23 octobre 1812. Le complot échoue. Au jugement, le Procureur est assisté par Pierre Foucher, le père d’Adèle. Cette présence sera pour Mme Hugo un prétexte à son opposition au mariage de Victor et Adèle. Le 29 octobre, Malet, Lahorie et dix autres condamnés sont fusillés.
À partir de 1817, elle élève avec autorité Eugène et Victor. Eux ont beaucoup d’affection pour cette mère passée du républicanisme de sa jeunesse au royalisme de l’âge mûr. Victor ne cessera de la louer, même si, éblouie par les aînés, elle a moins cru aux dons du cadet.
Le 26 avril 1820, les parents d’Adèle rendent visite à Madame Hugo, qui persiste à refuser le mariage de son fils. C’est la rupture entre les deux familles, qui ne cessera qu’après la mort de Sophie Hugo, le 27 juin 1821. Victor pourra enfin épouser Adèle, le 12 octobre 1822 et écrire en 1830 : " Ô l’amour d’une mère ! amour que nul n’oublie. "