Adèle FOUCHER
Mme Victor Hugo
Paris, 1803 ­ Bruxelles, 1868

Portrait d’Adèle Hugo vers 1839. Huile sur toile de Louis Boulanger. Maison de Victor Hugo © AKG
Portrait d’Adèle Hugo vers 1839. Huile sur toile de Louis Boulanger. Maison de Victor Hugo © AKG

 


Groupe familial par un photographe de Guernesey, 1852-53, Musée d’Orsay Don de Marie-Thérèse et André Jammes © Réunion des Musées nationaux.
  Elle fut la compagne de jeux des enfants Hugo dès 1809, puis en 1812, dans le jardin du couvent des Feuillantines, habitation louée en partie à Mme Léopold Hugo par le père d’Adèle, Pierre Foucher (1772-1845), un ami de Léopold Hugo.
À ces étés succèdent les longues soirées de l’hiver 1818 que Victor passe chez les Foucher. Le 26 avril 1819, Victor et Adèle s’avouent leur amour. Leur fiançailles vont durer trois ans et demi, durant lesquelles ils vont s’échanger plus de 150 lettres. Leurs parents s’étant brouillés, ils doivent cesser de se voir, mais en dehors des lettres, Victor arrive à aménager des rencontres furtives avec Adèle. Cette correspondance prendra fin en octobre 1822, époque de leur mariage.
Adèle Victor Hugo, par Charles Hugo, épreuve  sur papier salé, 1852-53,  Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux. Enfin autorisé au mariage à la mort de sa mère, Victor épouse Adèle le 12 octobre à l’Église Saint-Sulpice. Les témoins du marié sont Alfred de Vigny et Félix Biscarrat. Le 16 juillet 1823, naît leur premier fils, Léopold, qui, malade et soigné par son grand-père à Blois, décédera le 10 octobre. Léopoldine, leur fille aînée, naît le 28 août 1824 ; suivie d’un deuxième fils, Charles, le 3 novembre 1826 et d’un dernier garçon, François-Victor, le 28 octobre 1828. Adèle, qui épouse un écrivain jeune mais déjà célèbre, reste plutôt en dehors de l’activité littéraire de son mari, tout en étant une excellente mère de famille, et une maîtresse de maison généreuse. Elle reçoit les nombreux amis de Victor, les gens de lettres comme les artistes ou politiciens. L’un d’eux, Sainte-Beuve, déjà grand ami du couple depuis 1827, devient très assidu auprès d’Adèle dès 1830.
Groupe familial par un photographe de Guernesey, 1852-53,  Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux.Après la naissance d’une deuxième fille, Adèle, le 28 juillet 1830, commence une relation entre Sainte-Beuve et la femme de Victor, qui de son côté devient l’amant de Juliette Drouet en 1833. Adèle luttera contre cette rivale, dont aucune mention n’apparaît dans Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie (1863), que l’on sait écrit principalement par Adèle sur des matériaux fournis par Victor, pages remplies de renseignements précieux malgré des lacunes et un témoignage qui prend fin en 1841. La rédaction de ce volume lui donnera bien du travail comme elle l’écrit à Mme Paul Meurice le 7 mars 1855 : " Ce que je fais sur mon mari va lentement. Je ne suis pas écrivain. Les notes, ce n’est rien, mais quand il s’agit, comme on dit, de rédiger, ma pensée tourne beaucoup ".
Pendant l’exil de son mari, elle séjourne à Bruxelles, Jersey, Guernesey et Paris, et veille aux intérêts financiers et littéraires de Victor lors de ses fréquents déplacements. Elle sera souvent suivie de sa fille Adèle, dont le sort ne cessera de la préoccuper. À la suite d’une congestion cérébrale, son décès survient le 27 août 1868 à Bruxelles. Elle est inhumée auprès de Léopoldine à Villequier, Victor ne pouvant accompagner le cercueil que jusqu’à la frontière française. Elle lui écrivait en juillet 1868 : " C’est la fin de mon rêve que de mourir dans tes bras ".
 



Adèle Victor Hugo, par Charles Hugo, épreuve sur papier salé, 1852-53, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux.