Charles HUGO
Paris, 1826 - Bordeaux, 1871

Charles Hugo, la main glissée à l’intérieur de la veste, Musée d’Orsay © Photo Réunion des musées nationaux.
Charles Hugo, la main glissée à l’intérieur de la veste, Musée d’Orsay © Photo Réunion des musées nationaux.

 
Charles Hugo, Atelier de Jersey, musée d’Orsay Don de Marie-Thérèse et André Jammes © Photo Réunion des musées nationaux - Hervé Lewandowski.



Cimetière du Père-Lachaise, lithographie de A. Bayot, sans date, XIXe siècle. Le 18 mars 1871, Charles Hugo (" Toto "), mort le 13 mars précédent à Bordeaux est enterré au Père Lachaise. C’est en fait le premier jour de la Commune : " Place de la Bastille, il se fait autour du corbillard une garde d’honneur spontannée de gardes nationaux qui passent le fusil abaissé. Sur tout le parcours jusqu’au cimetière, des bataillons rangés en bataille présentent les armes et saluent du drapeau. Les tambours battent aux champs. Les clairons sonnent. Le peuple attend que je sois passé et reste silencieux, puis crie " Vive la République! " … G Foule au cimetière.
… Charles sera là avec mon père, ma mère et mon frère… "
Choses vues
Musée de l’Histoire de France © Centre historique des archives nationales.
  Né le 3 novembre 1826, ce deuxième fils de Victor Hugo échappe au choléra de 1832 grâce aux soins de son père. En 1839, en villégiature à Villequier chez les Vacquerie, il se lie d’amitié avec leur fils Auguste, condisciple un peu plus âgé que lui. À Paris, bon élève, il obtient le 31 juillet 1840, le 1er prix de thème latin au concours général.
En août 1846, il réchappe d’une atteinte de typhoïde. Quelques mois plus tard, remis, il fait la connaissance de l’actrice Alice Ozy, entrant en conflit avec son père, qui recherche aussi les faveurs de cette femme.
En février 1848, il est quelque temps secrétaire de Lamartine. Le 1er octobre, il fonde avec son père, son frère François-Victor, Paul Meurice et Auguste Vacquerie, le journal politique L’Événement. Il soutient d’abord Lamartine, puis approuve la candidature du prince Louis-Napoléon Bonaparte contre Cavaignac. Prince-président sévèrement jugé en 1849.
Le 16 mai 1851 il publie un article contre la peine de mort : il est alors poursuivi en justice et défendu par son père. Condamné le 30 juillet à 6 mois de prison, il est écroué à la Conciergerie. Sorti de prison le 28 janvier 1852, il rejoint son père en exil à Bruxelles depuis le 14 décembre précédent.
Charles Hugo, Atelier de Jersey, musée d’Orsay Don de Marie-Thérèse et André Jammes © Photo Réunion des musées nationaux - Hervé Lewandowski.Ils embarquent ensemble d’Anvers le 1er août 1852 pour arriver à Jersey le 5 août, où l’année suivante, Mme de Girardin les initie au spiritisme, Charles se révélant un médium important dans les séances de tables tournantes. Le 31 octobre 1855, Hugo est chassé de Jersey et débarque avec sa famille à Guernesey. Charles publie un conte visionnaire : Le Cochon de Saint-Antoine en 1856. En 1859, c’est la publication de La Bohême dorée, suivie en 1860 du roman
La Famille tragique
.
Sa pièce Je vous aime est représentée à Bruxelles le 27 juin 1861 et son père y assiste : " chef d’œuvre petit, (…) badinage de penseur, vivant, fuyant, rapide, inoubliable, comédie légère et forte qui a la fragilité apparente des choses ailées " (Mes fils) . En octobre, contre l’avis de son père, il repart à Paris faisant " un sacrifice politique à [sa] situation littéraire ". L’année suivante il le contrarie encore en manifestant son indifférence religieuse.
Le 3 janvier 1863, c’est la 1ère du drame que Charles a tiré des Misérables, au théâtre des Galeries-Saint-Hubert, à Bruxelles. En octobre 1865, il se marie avec Alice Lehaene à Bruxelles, le 17 à la mairie et le 18 à l’église. Il a un premier fils le 31 mars 1867, Georges, dont la marraine est la mère de Charles. Le petit sera emporté par une méningite le 14 avril 1868.
En août 1867, il part en Zélande avec son père, voyage raconté dans La Liberté, sous le pseudonyme de Paul de la Miltière. Le 16 août, naît son deuxième fils, Georges.
Il est, en 1869, un des cinq fondateurs du Rappel, avec François-Victor, Paul Meurice, Auguste Vacquerie et Rochefort, parrain du petit Georges. Ce journal est saisi puis suspendu, et Charles condamné plusieurs fois à la prison pour l’expression de ses idées politiques contre le gouvernement en place. Jeanne, sa fille, naît le 30 septembre 1869.
Cimetière du Père-Lachaise, lithographie de A. Bayot, sans date, XIXe siècle. Il subit plusieurs condamnations encore en 1870, dont la chute de l’Empire le libère. Le 13 mars 1871, Charles meurt à Bordeaux d’une apoplexie foudroyante. Son père note : " Si je ne croyais pas à l’âme, je ne vivrais pas une minute de plus ". chan 379 Il est enterré le 18 mars à Paris, " (…) dans le tombeau de mon père au Père-Lachaise, à la place que je me réservais " décide Hugo.
Les Hommes de l’exil sont publiés posthumes en 1874, année où Hugo dans Mes fils définit Charles " un esprit alerte et rigoureux ; (…) tout simplement un grand écrivain (…) nonchalant infatigable (…) rayonnant ".
   


 
Le café Lanta
Avis de décès de Charles Hugo