Adèle HUGO
Paris, 1830 - Suresnes, 1915

Adèle à la robe à fleurs, par Auguste Vacquerie, 1853, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux.
Adèle à la robe à fleurs, par Auguste Vacquerie, 1853, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux.

 
Adèle Hugo à l'ombrelle, par Charles Hugo, 1853-1854, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux.
  Le 28 juillet 1830, une deuxième fille naît chez Victor et Adèle Hugo. Elle est baptisée le 19 septembre avec comme parrain Sainte-Beuve. Elle est d’une beauté qui frappe ceux qui l’approchent, comme Balzac écrivant à Mme Hanska, le 8 avril 1843 : " La seconde fille de Hugo est la plus grande beauté que j’aurai vue de ma vie " ou Alphonse Karr : " Adèle, belle comme une statue antique ". Elle se passionne pour la musique et passera, en exil, des heures au piano et s’essaiera à la composition.
Elle suit les déplacements et villégiatures de sa mère et se retrouve ainsi en 1843 à Graville, chez sa sœur Léopoldine. 1852 est le début de l’exil à Jersey : elle y tient un journal.
Adèle Hugo à l'ombrelle, par Charles Hugo, 1853-1854, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux.En décembre 1856, elle subit une grave crise de dépression à Guernesey. Elle rentre à Paris en 1858 pour repartir sur l’île au printemps. Elle fait un nouveau séjour à Paris, puis se rend à Londres avec sa mère en 1859. C’est en décembre 1861 à Hauteville-House qu’est reçu le lieutenant Alfred Pinson, déjà rencontré par Adèle en 1854 à Jersey. Elle se considère comme sa fiancée et refuse sous ce prétexte 5 demandes en mariage, la dernière en date du 2 juin 1863.
Le 18 juin 1863, elle s’enfuit au Canada, en passant par Londres, et rejoint Halifax espérant retrouver Pinson qui vient d’y être nommé. Elle apprend son mariage, en perd la raison et ne veut plus quitter le Nouveau Monde. Elle vit grâce à l’argent que lui envoie son père, comme en témoigne la correspondance qu’ils s’échangent.
Le 12 février 1872, Adèle rentre de la Barbade où elle suivit Pinson en 1866. Son père avait écrit à François-Victor dès 1868 : " Voilà cinq ans qu’à cause d’elle j’ai le cœur serré. Qu’elle revienne, et en même temps que mon cœur s’épanouira, mes bras s’ouvriront ".
Elle est placée chez le docteur Allix, ami de la famille. Hugo lui rend visite le 13 février : " Elle m’a reconnu . Je l’ai embrassée. Je lui ai dit tous les mots de tendresse et d’espérance ". Elle est transférée à Saint-Mandé dans une maison de santé : aucun espoir de guérir sa folie n’est laissé à la famille.
Elle meurt le 21 avril 1915 à Suresnes, dans la maison de santé où elle se trouvait depuis la mort de son père. Frances Vernor Guille publie en 1968-1971 les deux premiers tomes de son Journal de l’Exil.
 
Dépliant publicitaire de la clinique Hervouët, anciennement Brierre de Boismont.

Dépliant publicitaire de la clinique Hervouët, anciennement Brierre de Boismont vers 1910. Le 12 février 1872, Adèle rentre de la Barbade. Le docteur Allix prend soin d’elle. Le 17 février elle est internée dans la “maison de santé” et de convalescence du docteur Brierre de Boismont, 106, grande rue à Saint-Mandé. Elle a 42 ans. Elle la quitte peu après la mort de Victor Hugo pour une maison de santé à Suresnes. © Archives municipales de Saint-Mandé.