Auguste VACQUERIE
Villequier, 1819 - Paris, 1885

Auguste Vacquerie, par François-Victor Hugo, épreuve sur papier salé, 1853-55, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux
Auguste Vacquerie, par François-Victor Hugo, épreuve sur papier salé, 1853-55, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux

 
Victor Hugo et Auguste Vacquerie, par Charles Hugo, 1852-1853, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationaux

  Condisciple et ami de Charles Hugo, il est le frère de Charles Vacquerie, le futur mari de Léopoldine Hugo. Originaire de Villequier où les Hugo passent des étés, il fréquente très tôt la famille et malgré la différence d’âge, sera longtemps attiré sans doute par Mme Victor Hugo. Léopoldine note cette réflexion en 1839 : " Celui qui domine, dans la maison, c’est Auguste, le poète, le bohème. Charles n’est qu’une ombre. "
Victor Hugo et Auguste Vacquerie, par Charles Hugo, 1852-1853, Musée d’Orsay © Réunion des Musées nationauxIl est critique dans Le Globe et l’Époque tout en publiant un recueil poétique en 1840 : L’Enfer de L’esprit et un drame en 1848 : Tragaldabas. Victor Hugo le recommandera à Bocage, alors Directeur de l’Odéon en octobre 1842 : " Il est plus qu’un écrivain, c’est un poète. Je lui crois sérieusement un grand avenir : je lui sais un grand talent ". Collaborateur à L’Événement, fondé en 1848 par les frères Hugo et Paul Meurice, il est comme eux condamné en 1851 quand le journal est mis en procès puis interdit. Il devra 1  000 F d’amende et sera emprisonné 6 mois à la Conciergerie où Victor Hugo lui rendra visite.
Dans L’Avènement du Peuple qui prend la relève du précédent journal, il poursuit son activité journalistique.
Il continue à publier : en 1856, un livre de critique Profils et grimaces ; 1859, une comédie Souvent femme varie ; 1861, un drame Les Funérailles de l’honneur créé Porte Saint-Martin et remarqué par Baudelaire. C’est à la même époque qu’il collabore avec Mme Victor Hugo à la rédaction de ce qui sera Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, participation pour laquelle il reçoit 40 % des droits.

Il a suivi souvent les Hugo dans leurs déplacements d’exilés : Villequier, Jersey, Guernesey et la Belgique. Ainsi, le 15 septembre 1866, il est à Bruxelles où il vient lire sa nouvelle pièce Le Fils à Hugo. L’exilé loue le drame mais se rend aussi compte que Vacquerie s’inspire beaucoup de son œuvre.
Ce à quoi son fils François-Victor répond : " Si Auguste s’est inspiré de toi, il a commis une faute qui lui est commune avec tous les écrivains de ces temps-ci. Est-ce que nous ne trempons pas tous la plume dans ton encrier ? " (6 novembre 1866). La pièce de Vacquerie est présentée au Théâtre-Français le 30 octobre 1866 et jugée de façon peu élogieuse par Jules Janin, ce qui fâchera les deux hommes.
Il supervise avec attention les répétitions d’Hernani au Théâtre-Français, début mai 1867.
Le 25 novembre 1868, le décès de sa mère lui fait écrire à Hugo : " Ma mère vient de mourir. Je suis accablé. Pleurez-la avec moi, elle vous était profondément attachée " (29 novembre 1868).
En 1869, il se retrouve aussi fondateur du Rappel, dans lequel il écrit des articles littéraires et politiques. Ce journal est suspendu pour "complot contre la sûreté de l’État" la même année et interdit en 1870.
On joue Formosa à l’Odéon en 1883, quand il apprend le décès de Juliette Drouet le 11 mai. Le lendemain il prononce à Saint-Mandé un éloge funèbre, sans la présence de Victor Hugo à qui on a déconseillé le déplacement pour l’enterrement.
Quelques mois plus tard, il donne un dernier témoignage de sa fidélité à la famille Hugo en publiant Miettes de l’histoire qui décrit la vie à Jersey où il accompagna Mme Hugo et Adèle dès 1852. Et Hugo le désignera avec Paul Meurice et Ernest Lefèvre pour la préparation et la publication après sa mort de tous ses écrits inédits.